Doctrine

Privacy 2.0 ?

Le phénomène du « web 2.0 » représente un défi majeur pour la protection de la vie privée et des données à caractère personnel. Cet article a pour but d'offrir un panorama des risques actuels et à venir dans le cadre des « réseaux sociaux ». Afin de contribuer à la définition de réponses adaptées, il situe le « web 2.0 » dans le contexte de la numérisation croissante des communications et de la production culturelle. Les traits essentiels  du phénomène, tels que décrits, incluent : la prolifération de données fournies activement par les utilisateurs, mais aussi de données collectées à leur insu ; la divulgation d'informations partielles, trompeuses ou erronées  au sujet des droits des utilisateurs ; des normes d'applicabilité dangereusement floues, et la limitation du droit d'accès aux données personnelles. En outre, l'article examine une série de pratiques innovantes particulièrement importantes, telles que l'« agrégation de dossiers », le recours fréquent à des applications émanant de tiers, ou encore l'usage d'étiquettes et de « métadonnées ». Cet aperçu est complété par la prise en compte de trois développements d'incidence croissante : le déploiement de « communautés virtuelles mobiles », la convergence et ses effets sur la confidentialité des communications, et l'« Internet des objets ». En guise de conclusion, des nouvelles pistes à suivre pour éviter que « web 2.0 » ne rime avec degré zéro de vie privée sont proposées.

The « web 2.0 » phenomenon represents a key challenge for the protection of privacy and personal data. This article aims at offering a review of current and forthcoming risks in the area of social networking. In order to contribute to the design of adapted responses, it locates the « web 2.0 » in the context of the increasing digitalisation of communications and cultural production. First, it introduces some main features allowing to better grasp the issues at stake : the proliferation of data actively provided by the users, as well as of data collected without their knowledge ; the provision of partial, deceiving or inaccurate privacy notices ; norms of dangerously vague applicability ; and limitations to the right of access to personal data. Second, it reviews a series of especially relevant innovative practices, such as dossier aggregation, the frequent use of third party applications, or the use of tags and « metatags ». The outline is complemented with the consideration of some developments of increasing impact : the deployment of mobile virtual communities, convergence and its effects on the confidentiality of communications, and the « Internet of things ». Finally, new paths for reflection directed at avoiding the erosion of privacy through « web 2.0 » are proposed.

1. Chercheuse, Law Science Technology and Society (LSTS) et Institute for European Studies (IES), Vrije Universiteit Brussel (www.vub.ac.be/LSTS; http://www.ies.be).

2. 2 Professeur de droit, Law Science Technology and Society (LSTS), Faculté de droit et de criminologie, Vrije Universiteit Brussel (www.vub.ac.be/LSTS).

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