DOCTRINE

Wikileaks et le premier Amendement

L'exemple de Wikileaks illustre l'irruption de nouveaux acteurs dans la production et la diffusion d'information, un travail qui était jusque-là largement demeuré le domaine réservé de la presse professionnelle. Le choix de porter des informations à la connaissance du grand public, ainsi que la sélection et le formatage de ces informations, peuvent désormais être effectués par des organisations que tout - sinon la capacité d'informer - semble distinguer de la presse traditionnelle. L'article montre que le premier Amendement à la Constitution américaine, tel que l'interprète la jurisprudence constitutionnelle américaine, protège les pratiques de Wikileaks. L'enjeu de la protection de la liberté d'expression réside à présent dans la maîtrise des initiatives privées de contrôle de l'information.

The case of Wikileaks illustrates the emergence of new actors in the production and dissemination of information, a task that was previously the largely preserved domain of the professional press. The publication of information towards the public at large, as well as the selection and formatting of information, can now be made by various kinds of organizations that everything - with the exception of the capacity to inform - seems to distinguish from the traditional press. The article shows that the First Amendment to the U.S. Constitution and the American constitutional jurisprudence would safeguard the informative practices of Wikileaks from legal sanctions. In the digital environment, we will need to safeguard freedom of expression from private initiatives aimed at controlling the flows of information.